24/08/2010

A propos de la sécurité dans nos cités, on nous écrit

zpbelgie1.gifBonsoir Monsieur Tangre
 
Au risque de me répéter, pour moi le résumé de ma modeste plume est simple...ceux et celles qui regardent et qui laissent faire ont aussi leur part de responsabilités.... Il y en a marre de toutes ses discussions interminables où l'on parle pendant des heures sur des choses que l'on devrait déjà être occupé à appliquer depuis belle lurette!
Ce n'est certainement pas en retournant la situation dans tous les sens et en se focalisant sur des détails qui contribuent à décentraliser le fond du problème que l'on va le résoudre!


Notre société n'est-elle pas régulée par des textes de lois et règlements en tous genres (droits et devoirs)...QUI DOIVENT ETRES APPLIQUES...par ceux et celles qui les ont rédigés dans leurs attributions ou leurs fonctions...? Point barre!
Ex; Quand on joue à un jeu de société quel qu'il soit, si toutes les parties n'emploient pas les mêmes règles, la partie est "bipée" d'avance et finira bien souvent par des dérapages de toutes natures...Dans la vie courante, idem!
Merci de votre aimable attention.

SB.

La réponse de Robert TANGRE

Cher Monsieur,

Je partage votre colère face au manque de réponse apportée par les autorités aux incivilités de toutes sortes. Une voiture flambe? Un problème ? Pour qui ? Certainement pas pour Mme de Bettencourt dont le véhicule serait remplacée dans la demi-heure qui suit. Mais pour celui ou celle qui a trimé toute une vie pour posséder soit un outil de travail, soit un objet pour pallier aux manque de transports en commun, c’est autre chose…

« C’est la société qui évolue ainsi », diront à juste titre les autorités. Constat juste, certes mais que faire pour apporter les réponses qu’attendent nos concitoyens ?

Prenons un exemple chez nos voisins français. Sarko joue des biceps depuis environ une décennie. Il a tout axé sur la sécurité pour contrer les zones de « non-droit » abandonnées par les pouvoirs publics et la population constate avec effarement qu’une fois que les forces spéciales massives se retirent, la loi reste aux mains des mafieux et trafiquants de toutes sortes.

Le slogan crié par les jeunes d’extrême gauche est devenu clair : «  Flics partout, justice nulle part ! »  Amer constat pour l’enseignant que je suis qui a œuvré sa vie durant pour élever le niveau culturel de notre société, pour responsabiliser nos concitoyens.

La recette n’est pas dans la répression. Elle ne dépend malheureusement pas du pouvoir communal. Le laxisme des autorités a été la réponse apportée à ce grave problème de société créé par l’individualisme forcené de la société de consommation où tout ce qui ne s’achète pas, se prend.

Pourquoi travailler ? Quelle est devenue la valeur travail que les enseignants de mon âge et les parents qui nous confiaient leurs enfants portaient ensemble.

Qui a créé le sentiment d’insécurité sinon le législateur par les mesures qu’il a prises ?

Je regarde très souvent l’émission de TV 5 vers 18 h «  C’… dans l’air ». Il y a peu, un policier français, membre d’un syndicat policier (qui n’est pas de gauche) dénonçait la politique de répression actuelle. Il démontrait le ras-le-bol de ses collègues devenus les boucs émissaires de la société. Et que dénonçait-il ? Tout simplement, tout comme vous la  suppression des commissariats de quartiers, la suppression de la police de proximité, celle qui vit au milieu de la population, celle qui la connaît, qui recueille les confidences, celle qui le respecte et la respecte.

Voici le bilan négatif sécuritaire à la Sarko. En Belgique, il en est de même. On a créé une police à deux niveaux : la police fédérale et la police zonale au sein de laquelle cohabitent deux grands groupes : la police d’intervention et les agents de quartier.

Le résultat vous le connaissez, je n’ai pas à vous démontrer l’absence de représentants de l’ordre dans les quartiers et ce, d’autant plus que les jeunes policiers préfèrent la police d’intervention car mieux rémunérée (500 euros de différence salariale).

Pourquoi nos bourgmestres dont un grand nombre sont députés ou sénateurs ont-ils accepté de se voir démunis de leur autorité même si elle n’est qu’administrative. Aux bourgmestres de s’imposer donc face aux responsables policiers.

Pour faire passer la panade, on a créé dans le même temps des conseils de police où les représentants communaux pourraient intervenir ; Un constat : ces conseils de police NE SERVENT A RIEN car les conseillers communaux qui en font partie n’ont rien à dire car aussitôt on leur rétorque que telle affaire fait partie du domaine judiciaire et ne peut être traitée par des personnes non assermentées.

La réponse est politique. Elle n’est pas dans les mains de l’extrême droite ou de la droite forte en coups de gueule. Ce sont les partis de droite qui ont construit sciemment cette situation, malheureusement sans réaction de la sociale démocratie.

La solution réside dans la REVOLTE des autorités communales face aux autorités fédérales.

Au-delà du constat, c’est là qu’il faut agir mais à l’heure où les discussions politiques se préoccupent davantage du dépeçage de l’Etat et du partage de ses  dernières compétences, la sécurité n’est sans doute pas la priorité des négociateurs.

Voici, cher Monsieur, quelques réflexions suite à votre interpellation dont je vous remercie

Robert Tangre
Conseiller communal UCPW

22:25 Écrit par UCPW dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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