27/11/2010

Quid des photocopies facturées aux écoles communales?

bled-orthographe-grammaire-conjugaison-vocabulaire-edouard-bled-9001_m.jpgC’était la question que se posait Monsieur Pétré du CDH qui voulait connaître les raisons de ces factures d’autant plus, disait-il que la commune reçoit des subventions pour ces matériaux.

Instituteur à Courcelles depuis 196é et y être resté jusqu’en 1988, l’instituteur communal que j’étais et le conseiller communal que je suis devenu, s’est toujours préoccupé de la qualité de l’enseignement.


Si un jour, j’ai décidé de quitter la profession, c’est que je n’étais plus en phase avec les aventures pédagogiques qu’on a imposées aux enseignants et qui ont nui à la formation des enfants qui nous étaient confiés.

Suite à l’intervention du conseiller CDH, il me plut de rappeler que durant des années, les instituteurs avaient « une bible » , autrement dit le plan d’études datant de 1958 qui les guidait dans les matières à enseigner, dans toutes les branches de la 1 ère à la 6 ème année. Avantage énorme que ce précieux outil, c’est qu’il avait pour but, outre de rassurer l’enseignant mais aussi l’élève qui, pour une raison impérative était obligé de changer d’école en cours d’année.

Ce plan d’études très détaillé fut remplacé au fur et à mesure des années par des programmes scolaires moins stricts où l’obligation d’enseigner telle ou telle matière devenait «initiation à» . Lorsque je quittai l’enseignement en 88, j’avais guidé une stagiaire qui accomplissait son travail dans ma classe et je me rendis compte que les étudiants qu’ils étaient possédaient peu de repères bien précis pour enseigner les matières imposées.

L’outil du maître à l’époque était le livre et il y avait des références en matière d’orthographe ou de conjugaison comme « Bled », idem pour les mathématiques.

Pour reproduire un texte, les enseignants que nous étions devions tout au début nous servir des machines à alcool puis vint la stencileuse. Cette machine nous rendit de bons services surtout pour les cours de lecture expliquée.

Arrivées les années 90, on oublia les livres et les photocopieuses entrèrent dans les écoles. C’est ainsi que la commune permit aux enseignants courcellois de venir photocopier à la commune suivant des quotas à respecter.

Année après année, la photocopieuse fit des ravages: des écoles en achetèrent, d’autres dépassèrent les quotas et le surplus leur fut facturé. C’était la réponse donnée par le Collège communal à M. Pétré, l’interpellant.

Personnellement , je pense que la photocopieuse a nui à l’enseignement car on ne se sert plus de livres, on n’écrit presque plus oubliant sans doute que l’orthographe, cela s’apprend avec l’œil, avec l’oreille mais aussi avec la main lorsqu’on copie ou recopie.

D’autres désavantages de son utilisation existent, les feuilles perforées se détachent puis se perdent. Les classeurs devient épais et lourds. J’ai peine à voir des mioches pliant sous le poids de mallettes qui déforment leur dos. De notre temps, l’instituteur voyait avec ses enfants ce dont ils avaient besoin pour faire les devoirs et étudier les leçons à la maison et les autres objets classiques restaient à l’école dans le tiroir de leur banc.

Peu importe ce qu’on pensera de ces lignes. Sans doute, certains me prendront pour un radoteur, un vieux con. Qu’importe!

Un dernier mot: tous les sondages prouvent le recul des connaissances des enfants tant en langue maternelle, qu’en mathématiques… mais à qui la faute. C’est un autre débat

 

Robert Tangre

Malade de l’évolution de l’école.

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