01/02/2011

L'UCPW analyse le budget communal 2011

DSCN0604.JPGAttachons-nous donc à la lecture de ce budget et j’évoque directement le tableau final des dépenses prévues qui se monteraient à grosso modo 29 482 000 euros.

Premières indications: la part du personnel est de 36.15 %, celle du fonctionnement, 16.8% , les transferts 33.6 % et enfin la part de la dette:13.36 %

Analysons maintenant chacun de ces postes.


Premier constat: la part des frais de personnel a nettement diminué. Je me rappelle qu’en 1988, André Trigaut notre ancien bourgmestre l’évaluait à plus ou moins 50 %. Pourtant quand on se rappelle le nombre d’employés et d’ouvriers de l’époque, il était nettement inférieur au nombre de personnes actuellement en service pour nos services communaux. Les salaires depuis lors n’ont cessé d’augmenter mais ce qui a surtout changé, c’est la diminution du nombre de statutaires au profit de diverses formes de contractuels (APE ou autres dont les charges professionnelles sont moindres tant au niveau de la sécurité sociale que du précompte professionnel. Je n’interviendrai pas ici dans les choix et les conséquences pour l’avenir de l’ensemble de notre sécurité sociale.

Deuxième constat: le fonctionnement ne représente que 16,8 % malgré le coût croissant des diverses énergies.

Troisième constat: les transferts sont eux de plus en plus élevés. Certains restent relativement stables comme ceux octroyés au Centre culturel ou à la piscine communale gérés l’un et l’autre par des asbl subventionnées.

Par contre, d’autres gonflent à une vitesse vv’. Passons notre temps à les examiner. Je le fais sur base du compte 2009 seul élément comptable définitif.

- Pour le service incendie: les montants passent de 1 million 132 mille euros à 1 million 211 mille. Une règle de calcul est appliquée par les services du gouvernorat du Hainaut. Pour l’avenir, quel sera l’impact de ce coût si l’arrêté de justice de Dinant est mis en application? Je rappelle ici que la justice estime que les pompiers volontaires doivent être rémunérés durant leurs heures de garde.

- Pour la zone de police: le montant passe de 2.565 millions à 2,797 millions. C’est le résultat du coût de la police unique qui gère seule son budget et qui vient quémander auprès de nous l’argent qui lui manque pour le boucler. Et nous? ,Nous déboursons . On pourrait le concevoir si cette police répondait aux attentes de nos concitoyens or il n’en est rien. D’autre part, il me semble que tout élu communal doit pouvoir contrôler tout budget ou tout compte recevant des subventions communales. Il en va ainsi pour la Posterie, pour la piscine, pour le CPAS et non pour la police. Je trouve la chose proprement scandaleuse. La police est un état dans l’état. Il ne me convient pas qu’éventuellement un compte serait présenté aux seuls conseillers de police désignés par notre assemblée. Est-ce le cas? Si pas, c’est encore plus grave. D’autre part, tous les conseillers ont comme droits de regard et de contrôle sur toutes les matières communales exception faite des actes de justice. J’exige, je dis bien j’exige, je persiste et signe, je veux obtenir le compte global des dépenses et recettes du corps de police pour l’année 2010 dès qu’il sera approuvé. Entretemps, cependant, je ne voterai pas la dotation à la police communale car j’estime que nous nageons en pleine illégalité en opposition à la loi communale et aux droits et devoirs des élus que nous sommes.  Je ne voterai pas non plus l’octroi par les finances communales de 300 000 euros pour l’aménagement luxueux et dépensier du parking de l’hôtel de police de Trazegnies  Permettez-moi de vous rappeler que nous traitions nos anciens policiers communaux comme des rats lorsque nous les obligions à travailler dans les caves insalubres de cet hôtel de ville.

-Pour le CPAS, nous passons de 3 millions 63 mille euros à 3 millions 250 mille euros. Nous subissons ici aussi le report sur le dos des finances communales des obligations qui devraient être assumées par l’Etat fédéral. Je m’explique: l’ONEM serait en passe de classer les chômeurs en quatre catégories. La 4 ème comprendrait ceux qui seraient considérés comme irrécupérables et qui perdraient le droit à toute indemnité et qui reviendraient automatiquement à charge des CPAS.

- Pour le poste désinfection, nettoyage, immondices, les dépenses passent de 2 millions 285 mille à 2 millions 603 mille. Ce poste comprend majoritairement le coût de la collecte, du tri, du ramassage et de la destruction des déchets ainsi que le coût des dépôts clandestins et la gestion du parc à conteneurs. Comme je l’ai déclaré récemment lors du vote sur la redevance « déchets » , je voterai à nouveau contre ce poste car nous n’atteindrons jamais le coût vérité exigé par le gouvernement wallon. Le coût vérité , rappelons-le signifie la prise en charge de la dépense globale par les citoyens. On a ainsi oublié que la gestion de la problématique des déchets est un service public et que tout service public n’est pas nécessairement bénéficiaire.  Pour solutionner partiellement le problème, l’UCPW estime que seule, la mutualisation du coût des déchets serait une partie de la solution mettant tous les Belges sur le même pied, citoyens pauvres des communes pauvres comme la nôtre et citoyens riches des communes riches

Ces postes représentent 91.15 % des transferts ou.30.44 % du total des dépenses du service ordinaire. Enorme.

Presqu’un tiers de nos dépenses nous sont imposées par l’un ou l’autre pouvoir de tutelle. Je dois convenir que la majorité n’en porte pas la responsabilité, qu’elle a tenté d’équilibrer son budget 2011 , le reste n’étant que détails que je peux ou ne peux pas partager mais insignifiants par rapport à l’analyse que je viens de développer. Pour la première fois depuis 23 ans, je m’opposerai au budget pour dénoncer les impositions qui nous sont faites. Je termine ici mon intervention et vous remercie de votre écoute.

Robert Tangre

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